Jeudi 18 novembre 2010

     Il est 5 heures. J’ouvre un œil. Mais un seul, hein ! Mp est en train de s’habiller pour monter aux Torres. Moi finalement, je suis bien dans mon duvet. Je crois que je vais rester là. Bon courage !

A 5 heures 10, elle est de retour : le temps est bouché, aucune visibilité, ça vaut pas le déplacement, ont-ils dit. Ah ben j’avais pris la bonne option. Je me rendors donc jusqu’à 7 heures malgré le froid. Tandis que les moins courageux prennent leur petit déjeuner au refuge, j’avale un chocolat et un sandwich au fromage – oui, je sais, comme ça, le mélange ne fait pas forcément envie. Mais c’est aussi ça, Pékin Express -, puis fait un détour par les sanitaires où je tombe sur une française super surprise de s’entendre répondre dans la langue de Molière à son « bonjour ». En même temps, fallait pas commencer.

XD1_ 937Nous partons entre 9 heures et 10 heures en ordre dispersé. Y’en a qui sont pressés. Ce n’est pas qu’il y ait beaucoup de chemin à faire, mais il y a quand même la montée jusqu’au col pour quitter la vallée. Il pleut, il fait soleil, on a un peu de tout. Moins de vent que la veille, quand même. Puis nous entamons la descente vers l’hosteria Las Torres (5 étoiles, s’il vous plaît). Alors là, le chemin c’est une véritable autoroute. Beaucoup de marcheurs montent de l’hôtel, avec juste un sac pour la journée. Nous en croisons aussi qui ont choisi l’option cheval, mais ils n’ont pas l’air très à l’aise. Moi, je l’aurais bien fait comme ça. Dommage.

XD1_ 942Avec Mp, nous arrivons bonnes dernières sous le porche de l’hôtel. Après tout, on avait tout notre temps. Même si les dernières minutes ont été éprouvantes : se prendre vent et pluie violents à quelques mètres de l’arrivée, c’est quand même pas de chance.

Je fais une petite visite à la boutique. Malheureusement, le fameux t-shirt « Patagonian Fast Food » devait être une édition unique et limitée. Pas moyen de le trouver.
Puis un bus nous emmène au rendez-vous où nous devons retrouver le reste du groupe parti visiter Punta Arenas. C’est nous qui marchons et c’est eux qui sont en retard ! Au moins, ça laisse le temps de se sécher.

XD1_ 952Nous voilà de nouveau en bus, roulant sur les routes désertes et ventées de Patagonie, direction l’estancia où nous attend un formidable repas. Au menu, mouton au feu de bois. C’est impressionnant de voir cette carcasse posée debout devant une immense cheminée. Ca sent bon, il fait chaud. Je repartirais pas, moi. Mais dehors, nous attend déjà un petit aperçu des activités de l’estancia.

XD1_ 964Dehors, il fait toujours un vent à décorner tous les boeufs de la création. Mais ce n'est pas ça qui nous arrêtera, même si on était quand même bien près du feu.

Tout d’abord une démonstration de monte gauchera. Un cavalier en tenue traditionnelle met au travail une belle jument criollo, qui a paraît-il dominé plusieurs championnats de monte de travail. Et c’est superbe. La jument est à l’écoute et répond au quart de tour sur pirouettes, changements d’allure, cercles, etc… De très belles figures. Et puis là, Nico demande si je peux la monter.
     - Elle saura ?
     - Oui oui.

IMG_6958Bon moi je suis dans mes petits souliers, parce que en effet, ça me fait très très envie, mais en même temps, je suis pas particulièrement rassurée. Ca se voit que j'ai la pression ???
Effectivement, on sent dès la mise en selle qu’il y a du jus sous le capot. Je ne suis pas super à l’aise avec la selle et les étriers (les grosses godasses de marche, ça rentre pas dans les étriers de bois taillés pour une botte de gaucho), alors je fais juste quelques petits tours, sans même oser un galop. C’est que elle, c’est une championne. Moi, pas trop. Mais l’expérience est … Wouah !
Le monsieur me propose alors d’essayer un autre cheval plus doux. Là, je suis tout de suite plus détendue. Mais c'est quand même bizarre, je n'ai qu'une rêne! Ah ben en fait, il n'a ni bride ni mors, juste le licol et la longe. C'est pas grave, ça marche quand même.

XD1_ 983Puis nous assistons à une démonstration de travail avec les chiens et le troupeau de moutons. Devant nous, de larges étendues vides. Le berger siffle, et tout à coup les chiens arrivent à toute allure. Et là, ça ne plaisante plus. Le mouton qui file pas droit, un petit coup de dents sur les jarrets, juste histoire de lui faire comprendre qui est le patron. Côté moutons, ça se précipite dans l’enclos, ça se colle, ça s’entasse. On fait alors passer les moutons un par un dans des enclos plus petits où le tondeur s’active pour les débarrasser de leur toison. Ils ont un sacré coup de main, les gars.

XD1_ 997Après cet intermède sympathique, nous reprenons la route vers la frontière argentine. La frontière, c’est comme tout en Patagonie : c’est perdu au milieu de nulle part. La route s’étire à travers les prairies désertiques bordées de clôtures. De temps en temps, un portail, une boîte aux lettres, un chemin qui s’éloigne, puis plus rien. C’est ce qu’on appelle l’immensité. Pour un peu, on pourrait dire que les plaines de l’Ouest américain peuvent aller se rhabiller. Elles ne font pas le poids.

Nous arrivons à El Calafate dans la soirée et investissons notre hôtel. Tout le monde a l’air bien crevé, mais avec MP, nous décidons quand même de sortir manger. Enfin, quand on aura monté nos bagages… dans la dernière chambre, tout en haut du dernier escalier. Enfin, de la dernière échelle. Tiens, ça a un petit air de déjà vu du côté de Paracas, ça. (Cf. http://benvenidoaperu.canalblog.com/)

     - On y va ?
     - Attends, je me passe un coup de peigne. On sait jamais, si on croise Florent Pagny.

OK, le décor est planté. Hé, c’est que nous sommes chez lui ! Alors oui, on ne sait jamais.
XD1_ 1010Nous trouvons, tout près de l’hôtel, une crêperie nommée « Viva la Pépa », avec une jolie déco très colorée et ma foi fort sympathique. Ici, les crêpes existent en taille normale ou en demi-taille. Pour être sûres, nous préférons donc demander ce que ça fait en vrai, comme taille, et nous optons donc pour la normale. Grave erreur ! La taille que nous a montré la serveuse, c’est la taille de la crêpe une fois pliée ! Les filous ! En tout cas, c’est délicieux. Sans parler du jus de fraise avec du lait. Du coup, pour finir, on va faire une demi-crêpe pour deux.

Le temps de rentrer à l’hôtel, de prendre une douche et de refaire le sac, et il est déjà 2 heures du matin.