Vendredi 19 novembre 2010

     Deux lits dans le même chambre, deux traitements différents. Pourquoi moi j’ai pas eu droit au couvre-lit édredon ? Heureusement qu’il restait la couverture du placard, parce que les petits matins sont frisquets dans le coin. Et de ce côté, ça ne va pas s’arranger aujourd’hui : à 8 heures nous sommes déjà sur le départ pour le Perito Moreno, le « fameux » glacier argentin, l’un des seuls qui soit encore un glacier positif – c’est à dire qui continue à s’étendre au lieu de régresser comme la plupart des glaciers de la planète. Notre guide du jour s’appelle Melissa.

XD1_ 1018... Je crois que j’ai dû dormir un peu pendant les explications, parce que soudain, nous sommes déjà au premier arrêt photo et qu’il me manque un bout de phrase. Ce belvédère offre une première approche du glacier, ainsi qu’une étude ethnologique assez poussée de la faune touristique : des japonais avec des chaussettes à pompons, des italiens au milieu de la route – alors que c’est bien sûr interdit – et le Père Noël en civil en haut de la butte.

XD1_ 1054Notre deuxième stop sera pour l’embarcadère. Un catamaran (mais attention, un vrai grand de visite, et à moteur) va nous emmener au plus près de la face sud du glacier. Le problème, là encore, c’est les italiens. Il y en a partout et ils ne font pas dans la discrétion : alors que je remonte la travée extérieure, l’une d’elle sort de la cabine sous mon nez et me pose la main sur le bras pour me bloquer d’autorité. Non, mais qu’est-ce qu’elle me veut, celle-là ??? Je me dégage avec la même courtoisie qu’elle vient de me manifester et lui passe devant, au lieu de faire ma touriste civilisée comme prévu initialement. Ah ! Mais elle se faisait prendre en photo par sa copine ! Fallait le dire. Moi, le langage corporel, j’ai un peu du mal. Surtout quand on me touche !

Un peu plus loin, c’est une autre italienne qui veut absolument passer alors que je suis déjà engagée dans l’étroit passage (comprenez juste assez large pour une personne) le long de l’escalier qui monte au pont supérieur. Faut croire qu’elle est super pressée (je sais pas, elle doit avoir un rendez-vous d’affaire hyper important), parce qu’elle me repousse brutalement contre la rambarde. Ensuite, c’est une conversation qui reflète la bonne ambiance du couple en vacances :

Madame : Tu veux monter sur le pont supérieur ?

Monsieur : Mais fous-moi la paix ! Je me balade comme je veux !

Qu’est-ce qu’ils doivent être contents de reprendre le boulot, eux ! Bon d’accord, ceux-là c’étaient peut-être bien des français…

Quant à Marylise, il y a carrément une italienne qui lui est passé entre les jambes parce qu’elle ne voulait pas patienter trente secondes ! Je les trouve bien pressés et agressifs, tous ces gens sensés être en vacances (et donc par extension, se détendre).

XD1_ 1068Bon, mais et le glacier, alors ?

Ben c’est beau. C’est froid, mais c’est beau. Et ce malgré le manque de soleil et le fait qu’on n’a pas eu la chance de voir un bloc se détacher dans un grand fracas et des gerbes d’eau. Le plus étonnant, c’est la fraîcheur qu’on ressent fortement dès qu’on est face au glacier.

 

XD1_ 1084Après cette petite virée, le bus nous conduit aux passerelles qui dominent le Perito Moreno. Nouveau panorama sur l’un des plus grands glaciers du monde. D’ici, on dirait une grosse omelette norvégienne. En plus, voilà le soleil qui sort de sa cachette. Et pour le coup, c’est très beau ! Nous nous baladons sur les passerelles, en haut en bas, avec des points de vue différents (attention, des photos de blocs de glace, vous allez en manger !), ce qui veut dire quelques perspectives et photos cons à la clé. A un moment, une italienne m’arrête en me tenant par le bras. Décidément, c’est une manie chez eux ! Apparemment, vue son intonation, elle me demande quelque chose. Comment lui dire ? Elle avait pourtant l’embarras du choix : espagnol, anglais, français. Bon, ok :

- NO COMPRENDO !

Entiendes ? Là, je crois que c’est réglé.

XD1_ 1096Pour le pique-nique de midi, on nous a remis des boîtes bien sympathiques contenant tout un menu, dont quelques brochettes de fruits. Et histoire de bien en profiter, avec Mp nous nous trouvons un banc pas trop humide face au glacier. Il fait juste « un peu » froid. Les doigts aiment moyennement. Justement, le froid, ça a un effet terrible !

- Donde estan los baños, por favor ?

Après un détour obligatoire par la boutique, le bus nous ramène à El Calfate, non sans avoir fait une petite pause champagne face au glacier. Merci Bernard !

XD1_ 1126Le temps d’un dernier tour de lèche-vitrine dans les rues d’El Calafate, et accessoirement d’un peu de ravitaillement pour le pique-nique de demain, et le bus nous emporte cette fois vers le petit village de El Chalten. La route étant longue, droite et monotone, le mieux est encore de dormir.

XD1_ 1152El Chalten est un petit village créé par les andinistes – les alpinistes des Andes – il y a vingt-cinq ans au pied du Mont Fitzroy. Son nom signifie « La montagne qui fume ». Et là, je vous arrête tout de suite : non, il ne s’agit pas d’un volcan. Seulement, le Fitzroy a continuellement la tête dans les nuages. CQFD. Et d’ailleurs, la plupart du temps, et aujourd’hui ne fait pas exception à la règle, on ne le voit pas.

Notre hôtel, Los Nires, est le plus ancien du village, mais reste confortable. Par contre … l’odeur de gaz dans la chambre, c’est normal ? Ah, le chauffage est à gaz. CQFD. Voilà de quoi me tranquilliser pour la nuit…

Après un petit apéro, nous dînons dans un restaurant tout proche. Enfin, il faut dire que El Chalten, c’est pas bien grand non plus. Alors par définition, tout est proche. J’opte pour une milanesa à la Suiza, ce que je regrette rapidement, car le filet de bœuf est tout bonnement amazing ! (Je crois que je suis mort ! Merci Raymonde de m’avoir fait goûter cette merveille). Cinq bons centimètres d’épaisseur et un seul coup de couteau pour trancher ça. Comme quoi, tout le monde peut se prendre un jour pour Dexter.

Bon, j’avoue, j’ai un peu forcé sur le vin. N’empêche, le bœuf il était quand même AMAZING !