imanche 21 novembre 2010

     Ce matin, c’est grasse mat’.

… Enfin, ça, c’était avant les allemands rassemblant leurs bagages dans le hall pour le départ, et dont les roulettes sautent allègrement les marches juste devant notre chambre. Au milieu, je reconnais la voix de Christian annonçant qu’il va faire son sac. Il part avec les allemands ???

XD1_ 1200Nous prenons notre petit déjeuner tranquillement, bouclons nos sacs, puis avec MP nous partons à la découverte d’El Chalten : ses boutiques, ses supermarchés, ses grandes rues battues par le blizzard (ou pas), ses petites maisons de rondins, ses bas-fonds. C’est pittoresque. Ca caille, il neige quelques flocons épars, mais c'est pittoresque. Bon, le plus important reste quand même qu’on ait trouvé la boulangerie où acheter des empanadas pour le repas de midi.

C'est d'ailleurs là que nous découvrirons la station météo de El Chalten.

XD1_ 1201Traduction pour les non hispanohones :

Pierre mouillée = climat pluvieux
Pierre sèche = climat sec
Ombre sur le sol = ensoleillé
Sans ombre sur le sol = nuageux
Pierre sautillant = tremblement de terre
La pierre oscille = peu de vent
Il n'y a plus de pierre = vent fort
On ne voit pas la pierre = c'est la nuit
On voit la pierre = c'est le jour

Et si la pierre est fendue? C'est qu'il fait froid?

Nous croisons aussi un gaucho qui nous demande si nous allons à la montagne.
Heu… Non. Pas tous les jours, quand même !

Le temps file vite quand on s'amuse. Il est déjà 13 heures et temps d’embarquer dans le bus qui va nous ramener à El Calafate. De toute façon, El Chalten, faut pas y aller pour le shopping. A part marcher sous la pluie et le vent, y’a rien. D'ailleurs, c'est bien pour ça qu'on l'appelle la "capitale mondiale du trekking". Allez, on s’casse ?

Et nous revoilà donc dans un aéroport pour attaquer la dernière partie du voyage. Déjà ! Et là, j’ai un petit coup de mou. La fatigue ? La fin du voyage qui approche ? Je sais pas, mais le moral vient d’en prendre un coup. Et pour couronner le tout, dans l’avion je tombe à côté de boulets grand format : ma voisine se penche au-dessus de ma tablette pour parler à sa copine qui est de l’autre côté de l’allée, et ce pendant que je suis en train de boire mon thé. Puis une autre de ses copines passe dans l’allée et se penche en me collant sa poitrine dans la tête pour taper la causette, toujours avec ma voisine. Si je vous dérange, il faut le dire !

L’atterrissage à Ushuaïa est un peu Rock’n Roll. Le pilote ne fait pas dans la finesse. Mais bon, on s’en fout, on est enfin au bout du monde.

Ushuaïa, ville la plus australe du monde, capitale de la Terre de Feu, à l'extrême sud du continent sud-américain. De climat subpolaire océanique, la température y est toujours sensiblement la même, en moyenne 6°C, mais descendant très souvent autour de 0°C. Avec nos 10°C aujourd'hui, nous pouvons donc nous estimer chanceux.

Un groupe de taxis nous récupère à l'aéroport, pour nous emmener à l’hôtel. Mais il semblerait que nôtre chauffeur n’ait pas bien compris l’adresse où il doit nous emmener, car il demande confirmation par radio à un collègue. Et voilà que nous nous faisons doubler par le taxi de Raymonde et Michel. Tant qu'on n'a pas récupéré le drapeau noir, c'est pas grave. Du coup, nous décidons de comparer les prix des courses, une fois arrivés à l’hôtel. Effectivement, il y en a de plus efficaces que d’autres !

XD1_ 1211L'hôtel Rosa de Los Vientos, qui nous accueille en haut d'une rue très pentue dominant la ville, m'apparaît tout de suite très chaleureux. Les chambres sont magnifiques, avec une décoration soignée, et pour une fois plein d’endroits pour poser les affaires, dans la chambre comme dans la salle de bain. Oui, les argentins ne semblent pas très portés sur le fonctionnel d'habitude. Puis nous faisons un petit tour au mirador de l’hôtel qui permet d’avoir une vue imprenable sur les toits d’Ushuaïa, jusqu’au port sur le canal de Beagle.

Il est temps de nous mettre en quête d’un restaurant pour le soir… tout en faisant le tour des boutiques. Et des bureaux de change. Malheureusement, vu l’heure tardive, ils sont fermés. Et la bonne nouvelle c’est qu’ils le seront également demain car c’est jour férié. Bon, et moi qui suis à sec, comment je fais ? Allez, une chose à la fois pensons déjà à remplir l’estomac pour réfléchir plus sereinement à la situation qui n’est pas encore catastrophique.

XD1_ 1222Sylvie, Isa, Bernard, Charlotte, Nico, MP et moi atterrissons dans un bar mythique d’Ushuaïa, le Ramos Generales, qui est un ancien magasin d’alimentation datant de la grande époque. Au départ, on était là juste pour l’apéro. Et finalement, nous y dînons et finissons la soirée. En plus les toilettes donneraient presque envie d’y rester (ce qui rejoint ma philosophie qui dit que les toilettes devraient toujours être l’une des pièces les plus agréables et les mieux décorées de la maison).

Finalement, l'essentiel, sous les climats de froid extrême, ça reste de savoir trouver les coins chauds... (Je vous laisse y donner la définition que vous voudrez)

Il ne nous reste plus qu’à gravir la côte (et c’est pas peu dire !) pour rentrer nous coucher (au chaud) et faire de beaux rêves, en attendant la suite.